B I O M E T R I E : Essai de caractérisation de l’abeille Apis Mellifica sahariensis

L'abeille saharienne (Apis mellifica sahariensis) plus connue sous le nom d'abeille du Sahara, ou localement d'abeille jaune, est l'une des 2 races ou sous-espèces d'abeilles présentes en Algérie. Elle diffère de A. mellific. Intermissa (abeille tellienne) par sa couleur jaune d'or.  

Cette abeille est reconnue, par des généticiens de réputation mondiale, et la classent parmi les meilleures abeilles du monde de par ses qualités qui sont : La douceur, la prolificité, la précocité, l'aptitude extraordinaire à la récolte du nectar et du pollen et l'acclimatation facile sous des conditions climatiques difficiles.
L'isolement géographique de la région présaharienne avec le Sahara au sud a permis à la saharienne de garder ses spécificités. L'existence de cette abeille met parfaitement en évidence le résultat de la sélection naturelle dont les principes ont été énoncés par Charles Robert Darwin. La sélection naturelle ne fonctionne que s'il y' a isolement géographique. Aujourd'hui, l'homme s'affranchit de ces barrières naturelles et met en communication des différentes sous-espèces qui s'hybrident et annihilent en quelques décennies.

L'introduction d'abeilles telliennes et la transhumance ont engendré une hybridation nettement visible grâce à la différence de coloration des abeilles avec en corollaire une forte augmentation de l'agressivité des colonies en raison de l'agressivité naturelle de l'abeille tellienne et d'un effet hétérosis bien connu chez Apis mellifica. L'utilisation de pesticides pour lutter contre les ravages de Locustamigratoria, le criquet migrateur, est source d'appauvrissement de la biodiversité dont l'abeille fait également les frais.
La prise de conscience de cette évolution a amené l'ITELV et les apiculteurs de la région d'Ain Sefra à essayer d'inverser la tendance. Une forte motivation et la pratique d'une apiculture moderne rendent cette perspective tout à fait réaliste.

Il s'agit en fait d'un vaste programme initié par l'ITELV, visant tout d'abord à établir un état des lieux et à rechercher suffisamment de souches d'abeilles sahariennes pour assurer la conservation de cette sous-espèce via les techniques de sélection, d'élevage de reines et de mâles, et aussi de création de conservatoire.
En effet pour pouvoir préserver l'abeille jaune, il est impératif de l'identifier et de la caractériser en tant qu'une race peuplant la région du Sahara de l'Algérie, en connaissant ses caractéristiques sur le plan phénotypique comme sur le plan comportemental.
La biométrie constitue la base de toute cette caractérisation, car elle met en évidence la différence de caractères d'une race à l'autre permettant de distinguer des populations d'abeilles d'origines génétiques différentes, et de renseigner sur d'éventuel mélange entre les races.

Une étude biométrique préliminaire est effectuée à l'ITELV, comprenant un large nombre de caractères (34) pouvant être mesurés, constituant un programme standard pour la biométrie. Ces caractères sont localisés sur les trois parties du corps de l'abeille : la tète, le thorax et l'abdomen. Vient ensuite une analyse statistique des données obtenues de cette étude qui permettrait de situer la problématique de pureté ou hybridation de l'abeille jaune.